A côté de notre église, le promeneur averti, amateur de patrimoine, sera tout aussi subjugué par notre ancienne mairie – école, chef d’œuvre contemporain de Louis - Philippe, pour laquelle, en 1843, le Conseil Municipal d’alors consacra un budget très audacieux mais nécessaire à l’érection de cet édifice devenu emblématique et témoignant ainsi de la foi républicaine qui animait nos conseillers.
Si vous arrivez à Cinqueux après avoir quitté Sacy le Grand, vous emprunterez la route brumeuse et marécageuse à travers les marais dit de « Sacy » qui inspirent encore de nombreuses et sombres légendes dont se régalaient nos anciens à la veillée au coin de la cheminée.
Répertoriés au patrimoine écologique européen, ces marais, d’une superficie de 1200 ha s’étendent en partie sur notre commune et demeurent les plus vastes du département.
Ancien lac de l’époque Néolithique alimenté par les eaux des nappes souterraines, son dessèchement fut amorcé sous le règne d’Henri IV, afin d'augmenter les surfaces cultivables si vitales en ces périodes de famine. La tourbe, précieux combustible, y fut extraite jusqu'au vingtième siècle.
En venant de Liancourt, la Butte Catiau s'imposera sur votre route, cette forteresse géante, véritable rempart naturel que vous serez obligé de contourner par la droite, semble dominer Cinqueux depuis la nuit des temps. Mais si vous restez vigilant, tout de suite à votre gauche, le lavoir, aujourd'hui tombé en désuétude sollicite votre attention.
Les ailes du moulin Roc ont cessé de tourner vers 1880
En remontant la source qui l’alimente, le randonneur initié et amateur de vieilles pierres découvrira un autre lavoir, beaucoup plus ancien, perché mystérieusement au sommet de la colline et formé d’une voûte en berceau prisonnière des racines des arbres.
Au sommet de la Butte Catiau, s’élevait un petit château (du patois catiau), une petite forteresse pillée et incendiée lors de la grande révolte des paysans, le 7 juin 1358, au moment de la Jacquerie(1337-1453), période trouble de la Guerre de Cent Ans. Le 10 avril 1431, le roi Charles VII ordonne la démolition de cette forteresse en ruine, devenue le refuge privilégié des brigands.
Aujourd’hui, le village demeure truffé de souterrains et de caves, derniers vestiges du Moyen Age...
Aujourd’hui, en provenance de Monceaux, suivons la route de Pont Sainte Maxence, avenue bordée de haies d’acacias et de prunus qui accentuent le caractère résidentiel et champêtre d’un village qui conserve le souci de maîtriser son urbanisation en préservant son caractère rural.
Cette alternance de pavillons modernes et d’anciennes demeures restaurées confère au village une certaine harmonie.
Ses nombreuses fermettes aux murs de moellons beurrés à la chaux qui jalonnent nos rues, datant pour la plupart de l’Ancien Régime témoignent encore d’une activité agricole autrefois prospère. C’était le temps où le célèbre marché aux fruits rouges sur la Place et la fête des moissons rythmaient la vie laborieuse des habitants qui jouaient alors à la choule et se désaltéraient en consommant le cidre et le vin produits localement dont toutes les caves regorgeaient.
Mais le caractère attrayant et le dynamisme de Cinqueux perdurent à travers les âges car il tient surtout et depuis longtemps à l’abondance de ses commerces, de ses artisans....